Et si l’IA ne supprimait pas les emplois, mais les transformait ?
Il y a 19 heures
L’intelligence artificielle s’installe de plus en plus dans les entreprises et transforme déjà de nombreuses façons de travailler. Mais alors que certaines organisations envisagent de réduire leurs effectifs grâce à l’automatisation, une tendance pourrait les amener à revoir leurs décisions.
Gartner estime que 30 % des personnes dont le poste aura été supprimé en raison de l’IA pourraient être recrutées à nouveau d’ici 2029.
Derrière cette prévision se trouve une réalité : automatiser certaines missions ne signifie pas nécessairement qu’un poste entier devient inutile.
Supprimer une tâche ne signifie pas supprimer une expertise
L’IA est particulièrement efficace pour prendre en charge certaines tâches répétitives, analyser rapidement des informations ou assister les collaborateurs dans leur quotidien.
Mais un métier ne se résume pas à une succession de tâches.
L’expérience acquise au fil des années, la compréhension d’un environnement professionnel, la capacité à prendre une décision dans un contexte complexe ou encore la connaissance des besoins d’une entreprise sont autant d’éléments qui peuvent être difficiles à remplacer.
Une réduction d’effectifs peut donc permettre de réaliser des économies rapidement, tout en créant à plus long terme un manque de compétences qu’il faudra ensuite combler.
Le recrutement pourrait lui aussi changer de logique
Cette évolution pousse les entreprises à réfléchir différemment à leurs besoins en compétences.
Dans les métiers de l’IT notamment, la maîtrise d’une technologie ne suffit déjà plus toujours. Les professionnels doivent être capables d’évoluer avec les outils, d’acquérir continuellement de nouvelles compétences et de travailler aux côtés de l’IA.
Pour les entreprises, cela signifie aussi apprendre à identifier le potentiel d’un profil, et pas uniquement les compétences qu’il possède au moment du recrutement.
La capacité d’adaptation pourrait ainsi devenir un critère de plus en plus déterminant.
Transformer les gains de l’IA en investissement
Autre enseignement de l’analyse de Gartner : les gains générés par l’IA pourraient être davantage utilisés pour financer l’innovation et le développement des compétences que pour réduire immédiatement les coûts.
L’objectif ne serait donc plus simplement de faire « plus avec moins », mais de faire « mieux avec l’IA ».
Cette distinction pourrait avoir un impact important sur les stratégies RH et IT des prochaines années.
Les entreprises qui anticiperont l’évolution de leurs métiers et accompagneront leurs collaborateurs dans cette transformation pourraient être mieux armées que celles qui considèrent l’IA uniquement comme un moyen de réduire leurs effectifs.
L’enjeu : anticiper les compétences de demain
La question n’est finalement peut-être pas de savoir combien de postes l’IA permettra de supprimer, mais plutôt quels nouveaux besoins elle va créer et quelles compétences deviendront essentielles.
Pour les entreprises comme pour les candidats, le défi sera donc d’anticiper cette évolution plutôt que de simplement la subir.
L’IA ne transforme pas seulement les outils de travail. Elle transforme aussi la manière dont les entreprises doivent penser leurs talents.